Leads assurance ou veille des créations : que choisir ?
Fichiers de leads assurance partagés ou veille des sociétés qui viennent de naître : comparatif des deux façons de trouver des clients à assurer en 2026.
Leads assurance ou veille des créations : que choisir ?
En bref. Pour trouver des clients à assurer, deux logiques s’opposent. Acheter des fichiers de leads assurance, souvent partagés entre plusieurs courtiers, où un même fournisseur peut revendiquer plus de 700 000 contacts (Leads-Assurances). Ou surveiller les sociétés qui viennent de se créer, à partir du BODACC, la publication officielle et publique de la DILA. En 2024, la France a enregistré 1 111 200 créations d’entreprises, un record en hausse de 6 % (INSEE). Chacune est un prospect à assurer dès le premier jour. Voici comment départager les deux approches.
Dernière mise à jour : 13 juillet 2026 - par l’équipe Leaddar.
Un courtier qui veut développer son portefeuille finit toujours par se poser la même question : où trouver, chaque semaine, de nouvelles entreprises à contacter ? La réponse classique, c’est d’acheter des fichiers. La réponse qui monte, c’est de surveiller les créations.
Les deux vous donnent des noms à appeler. Mais elles ne vous donnent pas les mêmes noms, ni au même moment, ni avec la même exclusivité. Et pour un courtier, ces trois différences décident presque tout.
Le fichier de leads : du volume, mais partagé
Le marché de la fiche prospect en assurance est ancien et bien rodé. Une dizaine de fournisseurs se partagent la France, et certains affichent des bases colossales. C’est séduisant sur le papier : vous payez, vous recevez une liste, vous appelez.
Le problème tient en un mot : le partage. Une fiche « chaude » est rarement vendue une seule fois. Elle part chez trois, quatre, parfois cinq courtiers en même temps. Résultat, le prospect que vous appelez a déjà reçu deux appels avant le vôtre. Vous ne vendez plus une couverture, vous vendez le fait d’être le moins agaçant des cinq.
À cela s’ajoute une incertitude qui grandit. À partir du 11 août 2026, l’obligation de consentement préalable pour le démarchage téléphonique entre en vigueur (economie.gouv.fr). Elle vise les particuliers, pas la prospection entre professionnels. Mais un fichier acheté en masse, sans preuve de la provenance ni de la qualité des contacts, devient un terrain de plus en plus glissant. Un numéro de portable personnel glissé dans une liste « pro », et vous voilà en zone grise.
La veille des créations : moins de volume, plus de fraîcheur
L’autre approche part d’une idée simple. Chaque jour, des milliers de sociétés s’immatriculent en France, et chacune est publiée au BODACC, le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. C’est une source publique, officielle, gratuite d’accès. Une veille consiste à lire ce flux à votre place, à le filtrer par département et par forme juridique, et à vous livrer chaque matin les sociétés neuves de votre secteur.
Le volume est plus modeste qu’un gros fichier. Mais la nature de l’information change tout. Vous ne contactez pas un prospect que quatre confrères ont déjà appelé : vous contactez une entreprise qui vient de naître, qui n’a pas encore de courtier, et que personne n’a signalée en parallèle à cinq autres cabinets.
C’est là qu’un courtier reprend l’avantage réglementaire qu’un expert-comptable n’a pas. La prospection téléphonique entre professionnels reste permise. Vous pouvez donc appeler cette société neuve, à condition de documenter votre base d’intérêt légitime et de rester propre sur les numéros. La veille sur données publiques vous donne précisément ce cadre : un motif de prospection daté, vérifiable, distinct des fichiers revendus.
Le comparatif, colonne par colonne
| Critère | Fichier de leads acheté | Veille des créations (BODACC) |
|---|---|---|
| Origine de l’information | Liste constituée par un tiers | Publication officielle publique (DILA) |
| Exclusivité | Souvent revendue à 3-5 courtiers | Non revendue en parallèle |
| Fraîcheur | Variable, parfois plusieurs mois | Le jour de l’immatriculation |
| Besoin d’assurance du prospect | Incertain, déjà couvert souvent | Réel dès le premier jour |
| Cadre RGPD | Fragile si consentement non prouvé | Intérêt légitime sur donnée publique |
| Coût | Au contact, peut grimper vite | Abonnement fixe, volume illimité |
| Verdict pour un courtier | Du volume, peu d’avance | Moins de noms, mais vous êtes le premier |
Aucune des deux n’est mauvaise dans l’absolu. Le fichier a du sens si vous avez une équipe de téléprospection qui encaisse le volume et le partage. La veille a du sens si vous êtes seul ou à quelques-uns, et que votre force, c’est d’arriver avant les autres avec le bon contrat.
Un exemple pour fixer les idées
Prenons un cas représentatif. Karim est courtier en assurance à Montpellier, installé avenue de Palavas, spécialisé sur les artisans du bâtiment et les prestataires de services. Seul, avec une assistante à mi-temps.
Pendant des mois, il achète des fiches « artisans BTP » à un fournisseur. 40 contacts par lot. Le hic : la moitié ont déjà une décennale, un quart ne décrochent jamais, et sur ceux qui répondent, beaucoup lui disent qu’ils ont « déjà vu trois courtiers cette semaine ». Son taux de rendez-vous plafonne.
Il change d’angle. Il configure une veille sur l’Hérault, filtrée sur les SARL et SAS du bâtiment. Il reçoit chaque matin une poignée de sociétés créées la veille : le nom du dirigeant, le siège, la forme juridique. Moins de noms qu’un lot de fiches. Mais ce sont des entreprises qui viennent de naître, qui n’ont pas encore de décennale, et qu’aucun confrère n’a encore appelées. Il n’est plus le quatrième appel. Il est le premier.
C’est tout l’écart entre acheter une liste et surveiller une naissance.
Les pièges à connaître avant de choisir
La veille n’est pas magique, et il faut être honnête sur ses limites.
Le premier point faible, c’est le contact joignable. Une société qui vient de s’immatriculer n’a pas toujours de numéro renseigné le jour même. Vous avez le nom du dirigeant et le siège, ce qui suffit souvent pour retrouver un contact, mais parfois il faut chercher. Sur un fichier acheté, le numéro est fourni, même s’il est partagé.
Le deuxième, c’est la discipline. Une veille ne produit un résultat que si vous la traitez chaque matin, tant que la fenêtre est ouverte. Une entreprise créée reste « fraîche » quelques jours, pas quelques mois. Laissez traîner une semaine, et un confrère, une banque ou un comparateur aura déjà placé le premier contrat.
Le troisième, c’est le cadre légal. Prospecter sur données publiques ne vous dispense pas de tenir un registre d’intérêt légitime et de respecter les règles d’appel. Le B2B téléphonique reste permis, mais il est de plus en plus surveillé. La bonne pratique : proposer l’appel en tandem avec un email, et cibler des sociétés, jamais des micro-entrepreneurs assimilables à des particuliers.
Pour aller plus loin
- Prospection pour courtier en assurance : la méthode 2026 - la vue d’ensemble des canaux et de la méthode
- Comment lire le BODACC en 7 minutes - tout ce qu’une annonce d’immatriculation contient déjà
- Prospecter les entreprises nouvellement créées en assurance - la fenêtre à ne pas rater
- Pappers ou Leaddar : quelle source pour votre veille - consulter à la demande ou être alerté chaque matin
P.S. - Sur une entreprise qui vient de naître, le premier courtier qui appelle avec la bonne offre part avec une longueur d’avance. La veille ne vous donne pas plus de noms qu’un fichier. Elle vous donne le bon timing.